Mercredi 23 février 2011
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Ici s'achève notre brève analyse de l'histoire et du patrimoine architectural de Billy, petite commune de l'Allier. Le but de ce blog n'est évidemment pas de se substituer à
des travaux de recherche car il ne fait que survoler les grandes lignes d'un passé glorieux mais encore bien mystèrieux. De plus, il n'aborde pas certains aspect de l'histoire du
site (son rapport avec le fleuve, son activité économique...) et se focalise sur une période ancienne. L'important est, en réalité, de fournir une image plus juste, plus réaliste
et moins traditionnaliste du passé d'un village qui n'a rien à envier à d'autres sites plus connus. Cette mise en lumière aura permis, je l'espère, de révéler un peu plus le
potentiel culturel de ce lieu et de donner envie aux passants comme aux locaux de venir découvrir ce charmant village et son fier château.
L'histoire de Billy ne s'arrête donc pas là, elle s'écrit continuellement et le passé peut se mêler au présent quand il y est convié.
Un village vivant est un village conscient de son histoire, de sa culture et qui souhaite les partager au monde entier. C'est en tout cas à travers toutes les actions (visites,
animations du château...) qui sont menées (et qui devront l'être !) dans le cadre d'une activité touristique que la commune sera tournée vers un avenir dynamique. Mais n'oublions pas qu'il est
nécessaire de préserver ce patrimoine pour continuer à l'utiliser à bon escient.
Maintenant, place au présent. N'hésitez pas à mettre tous les commentaires que vous souhaitez. Vous pouvez proposer des photos, des
articles et faire part de vos anecdotes. Contactez-moi.
Enfin, pour ceux que cela intéresserait, une conférence sera donnée sur l'histoire du château et de la châtellenie de Billy le vendredi 18 novembre 2011, à 15h30, à Vichy, au Centre Culturel
Valéry Larbaud.
Et puis, comme les beaux-jours arrivent, profitez-en, allez à Billy !
Par Julien
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Mardi 22 février 2011
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Nous avons principalement parlé, jusqu'à présent, de la fonction paroissiale dévouée au sanctuaire de Billy depuis le Moyen Âge mais n'oublions pas qu'il existait aussi un prieuré
dont on connait peu de choses bien que l'on commence à appréhender son rayonnement local.
Concernant la fondation d'un monastère et l'installation d'une communauté religieuse à Billy, nous n'avons pas d'informations. Toutes les
informations que nous avons proviennent de quelques registres de comptes diocésains ou casadéens ainsi que d'une requête du Palais pour l'évêque de Clermont contre le prieur de Billy, Antoine de
Chabannes en 1532. Alors que savons-nous ?
Les sources que nous avons pu consulter attestent de la présence d'un prieuré durant le XVème siècle mais il semble que
d'autres textes, relatifs à des visites pastorales, y fassent allusions entre 1284 et 1287, selon le chanoine Moret, érudit du XIXème siècle. Toutefois, la prudence est de mise et
le champ de recherches encore flou. Une chose est sûre, le prieuré de Billy existait au Moyen-Âge et peut-être dès le XIIIème siècle. Il relevait, comme la paroisse, du monastère de
Jaligny, fondé en 1036 et rentré dans l'obédience de la Chaise-Dieu en 1146.
Existait-il alors une communauté religieuse à Billy avant cette date ? Nous n'en avons aucune idée mais il est évident que le prieuré casadéen n'est une réalité sur ce site
qu'après 1146.
Pour terminer, parlons un instant de la morphologie du hameau paroissial et du bâti encore en place. Concrètement, aucune construction n'a
été identifiée comme étant un vestige de l'ancien prieuré. Nous savons que dans un cadre rural, où le site est de petite importance, l'organisation spatiale est parfois assez lâche. Si
l'église est à elle seule un témoin, la présence de demeures anciennes, non médiévales, comme celle présentée sur la photo, donne peut-être une idée de la répartition
des bâtiments conventuels sur le territoire et des espaces autrefois habités par les moines. Enfin, vu la configuration de la trame foncière autour du pôle religieux, nous
pensons que le prieuré pouvait apparaître sous la forme d'un ensemble de bâtiments réunis dans un enclos dont l'enceinte aurait été en grande partie constituée des
maisons agglutinées le long des voies.
Jeudi 23 décembre 2010
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Qui dit présence d'une église paroissiale, dit établissement d'une cure et ainsi d'un presbytère. En effet, au Moyen-Âge, comme aujourd'hui, un ou plusieurs desservants pouvaient
être rattachés à un lieu de culte pour procéder aux cérémonies du calendrier religieux, aux bénédictions et simplement s'occuper de ses ouailles. Qu'en était-il alors de la paroisse de
Billy?
Dès le début du XIIIème siècle, il est fait mention dans les textes du premier prêtre connu sur le site, un certain Népos,
peut-être parent des sires de Bourbon ou de l'évêque de Clermont. Relevait-il directement du prélat auvergnat ou dépendait-il d'une autre institution religieuse telle que l'Abbaye
de la Chaise-Dieu? Cette question n'est pas anodine car nous savons, d'après des registres de compte du XIVème et XVème siècle, que l'église paroissiale relevait du patronage du prieuré casadéen
(Chaise-Dieu) du Moûtier à Jaligny. Le desservant devait d'ailleurs s'acquitter d'une taxe ou "don gratuit" auprès du monastère qui pourvoyait au bon fonctionnement du lieu de culte.
Quoi qu'il en soit, si nous savons que, dès le Moyen-Âge, Billy possédait un prêtre (et peut-être des adjoints) chargé de la cure
paroissiale, nous pouvons aussi nous demander où celui-ci logeait. En vérité, certainement dans une demeure à proximité (voir photo) qui sera alors vouée à cette fonction durant
plusieurs siècles. En effet, constatons la présence d'un bâtiment ancien (XVIème siècle) qui a dû jouer ce rôle autrefois. On perçoit d'ailleurs encore nettement la façade à pan
de bois et les corbeaux supportant l'étage.
Par Julien Jobard
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Publié dans : Le village de Billy et son histoire
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Lundi 25 octobre 2010
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Une crypte est par essence un lieu emplit de mystère et sacré du fait de sa vocation : une aire de transition entre la vie et la mort. En quelques mots, c'est un espace
généralement souterrain ou à demi-enterré situé le plus souvent sous le choeur d'une église, zone réservée aux clers et moines. A l'origine, on y déposait les reliques sacrés (corps de saints
puis attributs de ceux-ci...) puis progressivement certains dignitaires (religieux dans un premier temps) purent y être inhumer afin d'être au plus près des Grâces de Dieu. Fort
logiquement, seuls les religieux y avaient accès lors de certaines cérémonies axées sur le thème de l'au-delà. Il faut dire qu'une crypte se voulait avant tout être la
reproduction fidèle du Saint-Sépulcre de Jérusalem (tombeau du Christ).
C'est sutout à partir du Xème et XIème siècle que les cryptes se multiplient au sein des sanctuaires religieux en même temps
que le culte des saints et de leurs reliques subit un élan important. C'est pour cette raison, en particulier, que la crypte de Billy est un témoin et un indicateur de
l'effervessence religieuse qui s'épanouit sur le site durant les premiers siècles du second millénaire. En effet, cet espace sacré est de toute évidence une construction médiévale issue
de l'art roman car ses éléments architecturaux et sa situation en correspondance avec le chevet abondent dans ce sens. Malheureusement, des travaux, réalisés en 1928, ont défiguré
en partie le bâti originel dont les formes et certaines caractéristiques restent cependant présentes à travers les voûtes en plein cintre ou les petites fenêtres aménagées dans l'épaisseur
du chevet taluté. La crypte est composée d'une pièce centrale, disposée sous le choeur, et est encadrée d'un couloir d'accès sur son flanc nord et sud. Aujourd'hui, on ne peut y pénétrer qu'en
empruntant un escalier dont l'accès est situé dans le transept nord.
Ce lieu, aussi bien porteur de symboles qu'emplit d'histoire, mériterait une attention particulière notamment dans le cadre d'une
mise en valeur de l'église de Billy. La crypte peut se visiter les jours d'ouverture du sanctuaire ou bien sur une demande auprès de l'office de tourisme.
Par Julien Jobard
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Publié dans : Le village de Billy et son histoire
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Lundi 18 octobre 2010
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Sur le choeur, il n'y a pas tant de choses à dire. Bien que son emplacement soit resté le même depuis le Moyen-Âge (vu l'ancienneté du chevet et la présence de la crypte romane), il est
évident que le bâti en élévation a été entièrement refait plus tard. A la vue des décorations internes mais surtout de l'architecture des murs goutteraux, il est possible que cette
reconstruction date du XVIIIème siècle (analogies avec le clocher construit en 1751).
Pour ce qui est du chevet, l'architecture tranche nettement avec le reste de l'édifice. Nous pouvons observer ici une maçonnerie
épaisse aux fenêtres rares et étroites, au talus prononcé et dotée sur les flancs de contreforts élancés. Ce type de construction ne peut coïncider avec les différents aménagements du XVIIIème ou
XIXème siècle, parfaitement enduits d'ailleurs, et ne répond pas à la logique architecturale de ces époques (basée sur le paraître et l'élégance). Du point de vue du bâti, une foule de
détails marquent l'ancienneté du chevet et le style auquel il peut se rattacher. En effet, tout porte à croire que nous avons affaire à un des derniers vestiges de l'église romane qui dominait
autrefois le village paroissial. Non seulement l'épaisseur du mur ou encore les petites fenêtres en lancette laissent croire qu'il s'agit d'une architecture dite romane mais en plus nous
savons que l'utilisation des chevets plats (aspect rectangulaire) était courant parmi les petits édifices religieux du Bourbonnais (église Saint-Julien à Saint-Gérand le Puy) à partir du XIème
siècle.
Quoiqu'il en soit, la plupart des indices que nous possédons laissent penser qu'il existait une église au
Moyen-Âge. Ainsi, le talus imposant, élément de fortification qui répondait aux nécessités d'une période parfois violente, ou le témoignage de deux actes datés de 1106 et 1122
et faisant allusion à un site de Billy, donne à croire qu'un sanctuaire paroissial s'élevait en ces lieux. De plus, la mention d'un prieuré dans les anciens livres de comptes et l'utilisation
du vocable Saint-Nicolas (courant au XIIème siècle), autrefois attribué à l'édifice, viennent confirmer cette thèse...