Mercredi 25 août 2010
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Intéressons-nous à présent à un petit édifice quadrangulaire constituant le bras nord du transept de l'église. Il s'agit de l'une des chapelles du sanctuaire qui a la particularité d'être la plus
ancienne encore en place et dont l'ensemble architectural est plutôt bien préservé.
Cet espace de recueillement, dédié à Saint Etienne, a été fondé sur l'initiative de Nicolas Monnier, probablement un bourgeois aisé de
Billy, qui avait pour désir, à sa mort, de reposer en ce lieu. Son souhait, déjà émis en
1522, sera exaucé puisqu’un texte, en guise d'épitaphe, daté de 1577 débute par la phrase suivante : « Ci git Nicolas Monnier en la chapelle Saint-Etienne financée par
lui ». Cette marque de piété ou de dévotion s'inscrit parfaitement dans un courant idéologique naît au Moyen Âge mais qui va s'intensifier dans les deux derniers siècles. En effet,
c'est d'abord la noblesse, soucieuse de son avenir dans l'au-delà et du culte de sa mémoire après la mort, qui va souhaiter reposer au plus près des saints et ainsi par le financement
d'une construction religieuse (chapelle indépendante ou non) va montrer au commun des mortels qu'elle est la première à oeuvrer pour la grandeur de l'Eglise. A sa suite, c'est fort logiquement
que la bourgeoisie, classe montante surtout à partir du XVème siècle, reprendra ce courant idéologique exaltant la piété religieuse.
Pour en revenir à la chapelle Saint-Etienne, remarquons simplement son architecture identifiable au XVIème siècle. D'un point de vue
extérieur, seuls ses contreforts épais et proéminants rapellent l'utilisation courante qui est faite dans le Gothique à travers un soutien accru des murs gouttereaux percés de fenêtres de plus en
plus grandes et nombreuses. Dans l'espace interne, par contre, de nombreux éléments ornementaux sont assimilables à une architecture perçu à la fin du Moyen Âge et encore après. Il
s'agit bien sûr des arcs ogivaux finement chanfreinés, sculptés et peints dont les extrémités viennent se reposer sur des impostes aménagées à la manière de corbeaux, sans colonne ou pied-droit
en soutien. On remarque l'effet de style qui donne l'impression que ce sont les nervures qui se transforment en un visage humain, tête d'homme barbu souriant peut-être. Il faut savoir que le
XVIème siècle, est une ère propice à la nostalgie d'un passé plus ancien (et surtout Antique). Il est fréquent, en tous cas pour ce qui est de l'Auvergne, de revenir à des sculptures figurées
représentant des hommes ou des scènes humaines. Ici, on observe que l'art roman influence encore les maîtres d'oeuvre et tailleurs de pierres.
Lundi 26 juillet 2010
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L'église de Billy possède un plan tout à fait courant calqué sur la symbolique de la croix palatine. L'édifice religieux est donc composé d'une nef à croisées d'ogives
encadrée par de simples bas-côtés (permettant le contrebutement du vaisseau central) aux voûtes en plein cintre formant un quart de cercle. Plus à l'Est, on situe le choeur qui est séparé de
la partie Ouest par le transept (Nord-Sud) reposant en son centre sur une voûte en coupole entièrement peinte. Le chevet, pour sa part, forme une simple excroissance et a comme
caractéristiques d'être plat car de forme rectangulaire (en opposition aux absides en demi-cercle souvent utilisées dans l'art roman).
Comme nous l'avons dit précédemment et à la vue du plan de l'église, présenté ci-dessus, réalisé par l'architecte Jean-Bélisaire
Moreau, le sanctuaire de Billy est un agrégat de constructions édifiées à des époques différentes. De l'état le plus ancien (XIIème siècle), ne subsiste que le chevet, la crypte et
éventuellement quelques soubassements. Comme pour d'autres édifices, l'église a subi des transformations au cours des siècles soit pour adapter la construction aux nouveaux besoins et
nouvelles modes, soit dans le cadre de restaurations conséquentes.
Aussi, bien que nous ne connaissions pas l'évolution architecturale que subit le sanctuaire durant le Moyen-Âge, nous savons
qu'une chapelle fut élévée dans le premier tiers du XVIème siècle pour former le bras nord du transept (existait-il avant?) et nous pensons sérieusement qu'il connut d'importantes
transformations au cours du XVIIIème siècle avec l'édification du clocher près du portail (une plaque commémore cet "évènement") et l'aménagement du choeur auquel s'ajoute une partie de la nef.
Quant à la construction la plus récente, elle est à chercher dans les années 1880, quand l'architecte Moreau entreprit de redonner éclat (avec plus ou moins de succès) à un bâtiment
qui, peut-être, se délabrait. Toujours est-il que si ses plans nous apportent quelques informations sur les aménagements réalisés, il en résulte que cette restauration à éradiquer un pan
important du bâti d'autrefois. Ce fut sans doute le grand mal qui caractérisa cette période (1850-1950) où l'on connut une recrudescence dans l'intérêt porté au patrimoine architectural
mêlée à une certaine ignorance des réalités du passé et des procédés pour le préserver.
Jeudi 17 juin 2010
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Voici un monument qui, à défaut de posséder la renommée et l'aura de notre illustre forteresse, est un élément incournable dans la connaissance de l'histoire du site de Billy et dans la
découverte des spécificités qui le caractérisent depuis des siècles (bipolarité du village).
D'abord, c'est le lieu de culte principal du village et à ce titre, il a une place à part dans la vie quotidienne des habitants.
Même s'il est vrai que l'église paroissiale ne possède plus, à ce jour, un desservant attitré et que les cérémonies s'y font rare, cela reste un espace sacré et c'est toujours à proximité de
celui-ci que l'on enterre ses morts.
En ce qui concerne son histoire et son architecture, l'église de Billy est probablement l'édifice (encore en élévation) le plus ancien
que l'on puisse attesté sur la commune. Paradoxalement, plus de la moitié de la structure bâtie date du dernier tiers du XIXème siècle alors qu'une autre partie importante (à l'Est dont
le choeur) remonte au moins au XVIIIème siècle. Pourtant, certains éléments architecturaux encore en place révèlent un passé plus lointain qui nous replonge entièrement dans l'époque dite
féodale. Nous voulons ainsi parler du chevet et de la crypte romane qui, après avoir recoupé notre étude avec les informations trouvées dans des textes du XIIème siècle, nous laisse
penser que le sanctuaire paroissiale existait déjà durant cette période et peut-être même à la fin du XIème siècle. Par ailleurs, une réflexion issue d'un raisonnement s'appuyant sur plusieurs
recherches (dont celles aboutissant à l'idée d'une occupation de type villa) met en avant l'hypothèse qu'un lieu de culte (autel, chapelle...) tronait déjà, au même
endroit, durant le Haut Moyen-Âge, voire pendant l'époque Gallo-Romaine.
Quoi qu'il en soit, si des incertitudes demeurent, nous savons que l'église de Billy détenait sa fonction paroissiale depuis au
moins le début du XIIIème siècle (et probablement avant) et qu'en plus de cela, elle était utilisée (à partir de la même époque) comme sanctuaire par une communauté de moines
casadéens (congrégation de La Chaise-Dieu) installés sur le site, et entretenant un prieuré.
Mardi 8 juin 2010
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Après avoir étudier et découvert le château de Billy ainsi que le bourg médiéval attenant, intéressons-nous à un autre site de la commune qui a largement marqué l'histoire du village
jusqu'à ses origines : nous voulons parler du lieu-dit "la Paroisse".
Ce site est situé quelque peu en retrait, à l'est du coeur actuel de la commune (700 m environ) et possède comme
épicentre l'église paroissiale élevée sur une petite butte qui domine les maisons alentours et le cours d'eau de la Chassaigne qui s'en va se jeter dans la rivière Allier.
Comme son nom l'indique, le hameau dont il est question a été durant des siècles le principal centre religieux du village de
Billy, mais surtout le seul à détenir un sanctuaire dont la fonction paroissiale et priorale (prieuré) était reconnue par l'Eglise. Bien qu'il n'y ait plus aujourd'hui de
desservant rattaché à cet office, le site garde pour toujours les traces du passé de l'agglomération par son édifice cultuel, ses vieilles demeures, son histoire jusqu'alors trop peu connue.
En résumé, c'est probablement en ces lieux que s'est constitué pour la première fois un village que l'on connaît parfaitement aujourd'hui sous le nom Billy.
Mercredi 7 avril 2010
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11:10
Pour clore notre tour d'horizon du village médiéval de Billy, jetons un oeil à la bâtisse apparaissant sur cette photo.
Cet ensemble de bâtiments se situe en bordure de la route nationale qui traverse la commune et en dehors de l'espace autrefois ceint
d'un rempart. Le lieu que l'on appelle aussi "les grandes maisons" est intéressant pour diverses raisons : d'abord c'est l'un des derniers témoins, dans le paysage architectural
séculaire, du visage que pouvait avoir un faubourg de la ville de Billy, il y a quelques siècles (cela donne notamment des indications sur les caractéristiques de développement des
faubourgs sur le site); ensuite cet îlot de construction se démarque par son cachet ancien et la fonction qu'on lui attribue : un ancien relais de poste du XVIIIème siècle. En effet, les
bâtiments en présence et l'étude du bâti laissent supposer une telle attribution, à commencer par les écuries (toujours visibles) ou l'espace qui était dédié à la restauration, voire à
l'hébergement. Par la suite, quelques remaniements auront eu lieu en cet endroit sans toutefois altérer l'image de cet ensemble architectural.
Le relais de poste était en quelque sorte l'ancêtre de l'organisme public que nous connaissons aujourd'hui. Son utilisation était connue dès
l'Antiquité mais il fut largement modernisé au cours des siècles, notamment sous Colbert, le ministre de Louis XIV, avec la création d'une "Ferme générale des Postes". En résumé, des cavaliers
portant le courrier s'arrêtaient au premier relais se situant sur leur route pour changer de cheval (une monture fraîche étant alors en mesure de parcourir nombre de kilomètres à grande
vitesse) ou bien encore pour se reposer un instant.