La chapelle Saint-Etienne (XVIème siècle)

Publié le par Julien

Bras nord du transeptLa chapelle Saint Etienne

Imposte sculptée du XVIème siècle

 

Intéressons-nous à présent à un petit édifice quadrangulaire constituant le bras nord du transept de l'église. Il s'agit de l'une des chapelles du sanctuaire qui a la particularité d'être la plus ancienne encore en place et dont l'ensemble architectural est plutôt bien préservé.

          Cet espace de recueillement, dédié à Saint Etienne, a été fondé sur l'initiative de Nicolas Monnier, probablement un bourgeois aisé de Billy, qui avait pour désir, à sa mort, de reposer en ce lieu.  Son souhait, déjà émis en 1522, sera exaucé puisqu’un texte, en guise d'épitaphe, daté de 1577 débute par la phrase suivante : « Ci git Nicolas Monnier en la chapelle Saint-Etienne financée par lui ». Cette marque de piété ou de dévotion s'inscrit parfaitement dans un courant idéologique naît au Moyen Âge mais qui va s'intensifier dans les deux derniers siècles. En effet, c'est d'abord la noblesse, soucieuse de son avenir dans l'au-delà et du culte de sa mémoire après la mort, qui va souhaiter reposer au plus près des saints et ainsi par le financement d'une construction religieuse (chapelle indépendante ou non) va montrer au commun des mortels qu'elle est la première à oeuvrer pour la grandeur de l'Eglise. A sa suite, c'est fort logiquement que la bourgeoisie (non nobles), classe montante surtout au XVème siècle, reprendra ce courant idéologique exaltant la piété religieuse.

          Pour en revenir à la chapelle Saint-Etienne, remarquons simplement son architecture identifiable au XVIème siècle. D'un point de vue extérieur, seuls ses contreforts épais et proéminants rapellent l'utilisation courante qui est faite dans le Gothique à travers un soutien accru des murs gouttereaux percés de fenêtres de plus en plus grandes et nombreuses. Dans l'espace interne, par contre, de nombreux éléments ornementaux sont assimilables à une architecture perçu à la fin du Moyen Âge et encore après.  Il s'agit bien sûr des arcs ogivaux finement chanfreinés, sculptés et peints dont les extrémités viennent se reposer sur des impostes aménagées à la manière de corbeaux, sans colonne ou pied-droit en soutien. On remarque l'effet de style qui donne l'impression que ce sont les nervures qui se transforment en un visage humain, tête d'homme barbu souriant peut-être. Il faut savoir que le XVIème siècle, est une ère propice à la nostalgie d'un passé plus ancien (et surtout Antique). Il est fréquent, en tous cas, pour ce qui est de l'Auvergne, de revenir à des sculptures figurées représentant des hommes ou des scènes humaines. Ici, on observe que l'art roman influence encore les maîtres d'oeuvre et tailleurs de pierres.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article