Mardi 22 février 2011
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Nous avons principalement parlé, jusqu'à présent, de la fonction paroissiale dévouée au sanctuaire de Billy depuis le Moyen Âge mais n'oublions pas qu'il existait aussi un prieuré
dont on connait peu de choses bien que l'on commence à appréhender son rayonnement local.
Concernant la fondation d'un monastère et l'installation d'une communauté religieuse à Billy, nous n'avons pas d'informations. Toutes les
informations que nous avons proviennent de quelques registres de comptes diocésains ou casadéens ainsi que d'une requête du Palais pour l'évêque de Clermont contre le prieur de Billy, Antoine de
Chabannes en 1532. Alors que savons-nous ?
Les sources que nous avons pu consulter attestent de la présence d'un prieuré durant le XVème siècle mais il semble que
d'autres textes, relatifs à des visites pastorales, y fassent allusions entre 1284 et 1287, selon le chanoine Moret, érudit du XIXème siècle. Toutefois, la prudence est de mise et
le champ de recherches encore flou. Une chose est sûre, le prieuré de Billy existait au Moyen-Âge et peut-être dès le XIIIème siècle. Il relevait, comme la paroisse, du monastère de
Jaligny, fondé en 1036 et rentré dans l'obédience de la Chaise-Dieu en 1146.
Existait-il alors une communauté religieuse à Billy avant cette date ? Nous n'en avons aucune idée mais il est évident que le prieuré casadéen n'est une réalité sur ce site
qu'après 1146.
Pour terminer, parlons un instant de la morphologie du hameau paroissial et du bâti encore en place. Concrètement, aucune construction n'a
été identifiée comme étant un vestige de l'ancien prieuré. Nous savons que dans un cadre rural, où le site est de petite importance, l'organisation spatiale est parfois assez lâche. Si
l'église est à elle seule un témoin, la présence de demeures anciennes, non médiévales, comme celle présentée sur la photo, donne peut-être une idée de la répartition
des bâtiments conventuels sur le territoire et des espaces autrefois habités par les moines. Enfin, vu la configuration de la trame foncière autour du pôle religieux, nous
pensons que le prieuré pouvait apparaître sous la forme d'un ensemble de bâtiments réunis dans un enclos dont l'enceinte aurait été en grande partie constituée des
maisons agglutinées le long des voies.
Jeudi 23 décembre 2010
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Qui dit présence d'une église paroissiale, dit établissement d'une cure et ainsi d'un presbytère. En effet, au Moyen-Âge, comme aujourd'hui, un ou plusieurs desservants pouvaient
être rattachés à un lieu de culte pour procéder aux cérémonies du calendrier religieux, aux bénédictions et simplement s'occuper de ses ouailles. Qu'en était-il alors de la paroisse de
Billy?
Dès le début du XIIIème siècle, il est fait mention dans les textes du premier prêtre connu sur le site, un certain Népos,
peut-être parent des sires de Bourbon ou de l'évêque de Clermont. Relevait-il directement du prélat auvergnat ou dépendait-il d'une autre institution religieuse telle que l'Abbaye
de la Chaise-Dieu? Cette question n'est pas anodine car nous savons, d'après des registres de compte du XIVème et XVème siècle, que l'église paroissiale relevait du patronage du prieuré casadéen
(Chaise-Dieu) du Moûtier à Jaligny. Le desservant devait d'ailleurs s'acquitter d'une taxe ou "don gratuit" auprès du monastère qui pourvoyait au bon fonctionnement du lieu de culte.
Quoi qu'il en soit, si nous savons que, dès le Moyen-Âge, Billy possédait un prêtre (et peut-être des adjoints) chargé de la cure
paroissiale, nous pouvons aussi nous demander où celui-ci logeait. En vérité, certainement dans une demeure à proximité (voir photo) qui sera alors vouée à cette fonction durant
plusieurs siècles. En effet, constatons la présence d'un bâtiment ancien (XVIème siècle) qui a dû jouer ce rôle autrefois. On perçoit d'ailleurs encore nettement la façade à pan
de bois et les corbeaux supportant l'étage.
Par Julien Jobard
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Publié dans : Le village de Billy et son histoire
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Lundi 25 octobre 2010
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Une crypte est par essence un lieu emplit de mystère et sacré du fait de sa vocation : une aire de transition entre la vie et la mort. En quelques mots, c'est un espace
généralement souterrain ou à demi-enterré situé le plus souvent sous le choeur d'une église, zone réservée aux clers et moines. A l'origine, on y déposait les reliques sacrés (corps de saints
puis attributs de ceux-ci...) puis progressivement certains dignitaires (religieux dans un premier temps) purent y être inhumer afin d'être au plus près des Grâces de Dieu. Fort
logiquement, seuls les religieux y avaient accès lors de certaines cérémonies axées sur le thème de l'au-delà. Il faut dire qu'une crypte se voulait avant tout être la
reproduction fidèle du Saint-Sépulcre de Jérusalem (tombeau du Christ).
C'est sutout à partir du Xème et XIème siècle que les cryptes se multiplient au sein des sanctuaires religieux en même temps
que le culte des saints et de leurs reliques subit un élan important. C'est pour cette raison, en particulier, que la crypte de Billy est un témoin et un indicateur de
l'effervessence religieuse qui s'épanouit sur le site durant les premiers siècles du second millénaire. En effet, cet espace sacré est de toute évidence une construction médiévale issue
de l'art roman car ses éléments architecturaux et sa situation en correspondance avec le chevet abondent dans ce sens. Malheureusement, des travaux, réalisés en 1928, ont défiguré
en partie le bâti originel dont les formes et certaines caractéristiques restent cependant présentes à travers les voûtes en plein cintre ou les petites fenêtres aménagées dans l'épaisseur
du chevet taluté. La crypte est composée d'une pièce centrale, disposée sous le choeur, et est encadrée d'un couloir d'accès sur son flanc nord et sud. Aujourd'hui, on ne peut y pénétrer qu'en
empruntant un escalier dont l'accès est situé dans le transept nord.
Ce lieu, aussi bien porteur de symboles qu'emplit d'histoire, mériterait une attention particulière notamment dans le cadre d'une
mise en valeur de l'église de Billy. La crypte peut se visiter les jours d'ouverture du sanctuaire ou bien sur une demande auprès de l'office de tourisme.
Par Julien Jobard
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Publié dans : Le village de Billy et son histoire
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Lundi 18 octobre 2010
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Sur le choeur, il n'y a pas tant de choses à dire. Bien que son emplacement soit resté le même depuis le Moyen-Âge (vu l'ancienneté du chevet et la présence de la crypte romane), il est
évident que le bâti en élévation a été entièrement refait plus tard. A la vue des décorations internes mais surtout de l'architecture des murs goutteraux, il est possible que cette
reconstruction date du XVIIIème siècle (analogies avec le clocher construit en 1751).
Pour ce qui est du chevet, l'architecture tranche nettement avec le reste de l'édifice. Nous pouvons observer ici une maçonnerie
épaisse aux fenêtres rares et étroites, au talus prononcé et dotée sur les flancs de contreforts élancés. Ce type de construction ne peut coïncider avec les différents aménagements du XVIIIème ou
XIXème siècle, parfaitement enduits d'ailleurs, et ne répond pas à la logique architecturale de ces époques (basée sur le paraître et l'élégance). Du point de vue du bâti, une foule de
détails marquent l'ancienneté du chevet et le style auquel il peut se rattacher. En effet, tout porte à croire que nous avons affaire à un des derniers vestiges de l'église romane qui dominait
autrefois le village paroissial. Non seulement l'épaisseur du mur ou encore les petites fenêtres en lancette laissent croire qu'il s'agit d'une architecture dite romane mais en plus nous
savons que l'utilisation des chevets plats (aspect rectangulaire) était courant parmi les petits édifices religieux du Bourbonnais (église Saint-Julien à Saint-Gérand le Puy) à partir du XIème
siècle.
Quoiqu'il en soit, la plupart des indices que nous possédons laissent penser qu'il existait une église au
Moyen-Âge. Ainsi, le talus imposant, élément de fortification qui répondait aux nécessités d'une période parfois violente, ou le témoignage de deux actes datés de 1106 et 1122
et faisant allusion à un site de Billy, donne à croire qu'un sanctuaire paroissial s'élevait en ces lieux. De plus, la mention d'un prieuré dans les anciens livres de comptes et l'utilisation
du vocable Saint-Nicolas (courant au XIIème siècle), autrefois attribué à l'édifice, viennent confirmer cette thèse...
Mercredi 25 août 2010
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Intéressons-nous à présent à un petit édifice quadrangulaire constituant le bras nord du transept de l'église. Il s'agit de l'une des chapelles du sanctuaire qui a la particularité d'être la plus
ancienne encore en place et dont l'ensemble architectural est plutôt bien préservé.
Cet espace de recueillement, dédié à Saint Etienne, a été fondé sur l'initiative de Nicolas Monnier, probablement un bourgeois aisé de
Billy, qui avait pour désir, à sa mort, de reposer en ce lieu. Son souhait, déjà émis en
1522, sera exaucé puisqu’un texte, en guise d'épitaphe, daté de 1577 débute par la phrase suivante : « Ci git Nicolas Monnier en la chapelle Saint-Etienne financée par
lui ». Cette marque de piété ou de dévotion s'inscrit parfaitement dans un courant idéologique naît au Moyen Âge mais qui va s'intensifier dans les deux derniers siècles. En effet,
c'est d'abord la noblesse, soucieuse de son avenir dans l'au-delà et du culte de sa mémoire après la mort, qui va souhaiter reposer au plus près des saints et ainsi par le financement
d'une construction religieuse (chapelle indépendante ou non) va montrer au commun des mortels qu'elle est la première à oeuvrer pour la grandeur de l'Eglise. A sa suite, c'est fort logiquement
que la bourgeoisie, classe montante surtout à partir du XVème siècle, reprendra ce courant idéologique exaltant la piété religieuse.
Pour en revenir à la chapelle Saint-Etienne, remarquons simplement son architecture identifiable au XVIème siècle. D'un point de vue
extérieur, seuls ses contreforts épais et proéminants rapellent l'utilisation courante qui est faite dans le Gothique à travers un soutien accru des murs gouttereaux percés de fenêtres de plus en
plus grandes et nombreuses. Dans l'espace interne, par contre, de nombreux éléments ornementaux sont assimilables à une architecture perçu à la fin du Moyen Âge et encore après. Il
s'agit bien sûr des arcs ogivaux finement chanfreinés, sculptés et peints dont les extrémités viennent se reposer sur des impostes aménagées à la manière de corbeaux, sans colonne ou pied-droit
en soutien. On remarque l'effet de style qui donne l'impression que ce sont les nervures qui se transforment en un visage humain, tête d'homme barbu souriant peut-être. Il faut savoir que le
XVIème siècle, est une ère propice à la nostalgie d'un passé plus ancien (et surtout Antique). Il est fréquent, en tous cas pour ce qui est de l'Auvergne, de revenir à des sculptures figurées
représentant des hommes ou des scènes humaines. Ici, on observe que l'art roman influence encore les maîtres d'oeuvre et tailleurs de pierres.